La mobilité de demain, une nouvelle donne en 2021 ?

Une tribune signée par Olivier Koch, parue dans Economie Matin

2020 a vu une baisse sans précédent de la mobilité, du fait des restrictions : 6% à 7% des trains circulaient pendant le premier confinement, -83% de trajets automobiles en France en mars(1), et de la généralisation, à marche forcée, du télétravail. Les conséquences touchent l’ensemble du secteur : la SNCF a par exemple pris la décision d’alléger ses fréquences pour les prochains mois. Un changement de paradigme inattendu qui aura des conséquences durables pour l’année à venir et la mobilité en général.

La crise sanitaire a-t-elle vu émerger de nouvelles pratiques ?

Après une année compliquée, 2021 marquera sans aucun doute une rupture dans l’évolution des mobilités, remettant en question les tendances de fond. La tendance la plus évidente est bien entendu l’adoption massive du télétravail qui continuera à faire baisser les déplacements domicile-travail.

Toujours en lien avec la COVID-19, les restrictions sanitaires et les inquiétudes qui en découlent ont notamment détourné les usagers des transports en commun, avec un report vers les véhicules personnels (2). Mais pas seulement la voiture ! Il peut s’agir de free-floating : trottinette, scooter voire même voitures en libre-service, et bien sûr le vélo, dont la pratique a été largement encouragée par les gouvernants.

Mais la petite reine ne convient pas à tous les usages (familles, artisans…). Et malgré le bon vouloir des agglomérations, pour que les transports en commun séduisent à nouveau les usagers, il faudra sans doute des investissements conséquents dans les infrastructures : des projets qui pourraient mettre entre 10 à 20 ans pour aboutir.

Peu probable donc que des changements soient observables dès cette nouvelle année !

Dans l’immédiat c’est en fait la multimodalité qui devrait poursuivre son développement en 2021. Les grandes agglomérations vont continuer à mettre en avant l’autopartage et les parkings relais, en essayant de répondre à la problématique du dernier kilomètre pour les usagers.

Sur le plan des innovations technologiques, la voiture électrique va certainement gagner encore en popularité. Tandis que le paiement sans contact, avec les solutions digitalisées, va poursuivre sa démocratisation.

C’est le cas par exemple au Royaume-Uni où les municipalités suppriment progressivement les horodateurs. La ville de New York, elle, a choisi de désactiver ses 14 000 horodateurs pour déployer une application de paiement de parking sans contact en un temps record.

Si l’année 2020 a été celle de l’avènement du sans-contact, 2021 sera sans nul doute une année « Mobile-first ». Avec de plus en plus de transactions s’effectuant depuis notre domicile, le mobile continuera à s’imposer dans notre quotidien, pour ses vertus intuitives, pratiques et sanitaires. En effet, les paiements mobiles de parkings connaissent un véritable engouement depuis 5 ans ; c’est d’ailleurs le mode de paiement privilégié de presque un automobiliste sur deux dans les grandes agglomérations.

Existe-t-il des mesures plus réalistes pour combattre la pollution et les nuisances urbaines dans les prochaines années ?

Suite à la vague verte dans les grandes villes lors des élections municipales de 2020, la lutte contre la pollution en ville reste une préoccupation majeure pour les prochaines années. Dès 2021, des ZFE (Zone à Faible Émission) vont voir le jour dans différentes villes de France (Toulouse, Lyon, Bordeaux). Une approche plus inclusive comme c’est le cas à Londres serait préférable pour ne pas exclure une partie de la population.(3) Il est en revanche certain qu’en détournant les véhicules polluants des centres-villes, ces zones devraient transformer profondément les usages des automobilistes et encourager la conquête des villes par les mobilités douces. D’autres initiatives comme la création de parkings relais permettront également de décongestionner les centres-villes tout en facilitant l’accès aux transports publics.

L’application de ces mesures, ajoutée à l’essor des véhicules électriques ou hydrogènes et aux nouvelles pratiques de télétravail, devraient avoir une conséquence sur les émissions de particules fines. Cependant, la réflexion sur la pollution atmosphérique doit s’accompagner d’une réflexion sur la pollution sonore et visuelle : alors que les centres-villes sont de plus en plus fermés aux voitures, comment éviter les congestions en périphérie ?

Les embouteillages restent un problème bien connu auquel aucune solution satisfaisante n’a réellement été apportée ces dernières années. La technologie peut être une réponse : notamment en mettant les données des villes à disposition des applications pour permettre aux automobilistes de trouver plus facilement un stationnement à leur destination (places disponibles, prédiction, etc.), comme c’est par exemple le cas dans de nombreuses villes d’Allemagne ou des Pays-Bas.(4)

Quelles technologies pour la ville de demain ?

Cette utilisation grandissante de la donnée dans les mobilités prend de l’ampleur dans les grandes agglomérations. Une ville comme Grenoble a créé son « pass mobilité » pour agréger ses différents services de mobilité.(5) La 5G devrait également permettre d’apporter beaucoup plus d’informations dans les systèmes embarqués des voitures.

Nous avons à peine commencé à exploiter le potentiel des données dans les mobilités. On peut imaginer une ville du futur dans laquelle les prévisions joueront un rôle-clé dans l’optimisation des déplacements : par exemple en anticipant les pics de pollution pour moduler les rythmes scolaires et les horaires de travail pour limiter la pollution atmosphérique.(6)

Les véhicules de demain (électriques, hydrogènes…) n’émettront pas de gaz polluants, mais aussi peut être autonomes et toujours plus digitalisés grâce aux smartphones (+59% en nombre de transactions en 2020 selon L’Observation CB), dans les habitacles, ou les tableaux de bord… Mais ils seront aussi sans doute plus rares, avec une réduction de la place du véhicule personnel.

Cependant certains véhicules restent indispensables : les villes vont devoir sérieusement reconsidérer les espaces urbains de livraison. Alors que le phénomène de livraison de repas a véritablement explosé pendant le confinement (et devrait encore prendre de l’ampleur) verra-t-on l’apparition de hubs mobilité pour procéder aux livraisons sans encombrer les trottoirs de camions, vélos ou scooters de livreurs ?

 

1 Etude Waze – avril 2020

2 Etude Odoxa FNMS – novembre 2020

3 Cas client Ville de Londres – 25 août 2020

4 Find & Park. Bye, bye le stress du stationnement – 24 août 2020

https://www.tag.fr/99-pass-mobilites.htm

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